. Je ne suis pas certain que lui-même peut nous donner une réponse. Quoi qu’il en soit, on peut dire qu’une fois le sujet choisi, l’effort principal de JP est celui d’une bataille contre les lois de la gravité. J’ai déjà évoqué le fait que l’espace et du coup souvent le volume sont absents de son œuvre. J’ajouterai que généralement que très souvent les objets et les personnages ne touchent pas sol et se trouvent dans un équilibre tenu. Touchent pas sol ou flottent, comme on peut le voir avec l’importance de l’élément aquatique dans cette œuvre avec les nageurs les barques ou les nuages Mais surtout suspendus dans l’air avec comme exemple principal la balançoire, les cartons et surtout les pierres noirs, ces objets à priori lourdes mais qui échappent ici à la pesanteur. une chaîne de montagnes transformée en nuage, un rocher qui devient une tache, tout cela forme un univers immatériel. Configurations transparentes, elles se situent dans un espace indéterminé, sans profondeur.On reviendra plus tard avec la chaise, thème qui m’intéresse particulièrement. Peu de chose, en vérité. Un carton ouvert, un corps allongé, des planches courbes, quelques pierres au bord de l’eau… Ces « choses » n’ont rien en commun si ce n’est d’avoir cessé de servir, d’avoir perdu leur fonction utilitaire et d’être offertes à tout usage poétique. C’est encore le réel mais c’est déjà ailleurs. Cependant, dans cette univers qui ne fait que frôler avec la figuration, la figure humainele corps ne sont pas vraiment absents. Mais, peut-on parler vraiment du corps ? De fait, si la figure humaine traverse pratiquement l’intégralité de l’oeuvre de Jean-Pierre Schneider, alors, autant de le dire tout de suite, elle le fait en vrac. Jamais entière, elle apparait de façon métonymique, par des fragments disloqués, qui se cherchent et s’engagent dans des dialogues. Ainsi, au bras de nageur, souvent au geste ample et énergique, répondent deux autres bras, celui d’après Marat assassiné de David et celui de la Piéta. Avec l’un comme avec l’autre, martyre de l’humanité ou martyre de la république, le corps devient cadavre, le bras, certes encore intacte et même musclé, perd toute tension, se ramollit, se laisse tomber. Un corps présent mais qui fait déjà entrer la mort, annonçant par sa composition sa décomposition. . Personnellement, je suis plus sensibles à ces références à Manet, l’artiste qui déjà a remonté le fond sur la surface (univers de danse et de chorégraphie) Deux référence, celui d’Olympia ou l’uene de célèbres images de l’histoire de l’art est déshabillée déconstruite pour ne laisser que les taches noire et les contrastes (c’est zola qui a été sensible à cette introduction « non justifié du noir)
Conférence Schneider 2025
L'œuvre flottante de Jean-Pierre Schneider