Le travail de Chiharu Shiota se caractérise par un mélange de performances artistiques (art performance) et d’installations spectaculaires pour lesquelles elle utilise en les accumulant de vieux objets comme des lits, des châssis de fenêtre, des chaussures ou encore des valises. Elle explore ainsi les relations entre passé et présent. À cela s’ajoute parfois une dimension onirique par le tissage de véritables toiles d’araignées complexes et impénétrables, généralement en cordelette noire, parfois aussi rouge. La simplicité des matériaux rend d’autant plus fort l’impact des œuvres. Ses principales influences sont Christian Boltanski, Annette Messager et William Kentridge4. Une grande part est laissée à l’improvisation3.
Chiharu Shiota a créé de remarquables installations (Memory of Skin) en faisant pendre des tuniques de toile grossière, surdimensionnées, à des pommeaux de douche d’où suintait de l’eau, parfois colorée. Le spectateur est irrémédiablement entraîné dans des réflexions sur les marques du temps qui passe, mais ce dispositif est aussi un poignant rappel des victimes gazées dans les camps d’extermination nazis.,
En 2019, son exposition « The Soul Trembles », au Mori Art Museum de Tokyo, constitue une rétrospective de ses œuvres depuis ses débuts dans les années 19905.
Les œuvres de Shiota sont éphémères, mais elle vise à laisser une impression durable3. Elle réalise des installations immersives dans lesquelles un espace entier est traversé de fils de couleur généralement noire ou rouge, couleurs qui selon l’artiste peuvent être associées au ciel nocturne ou au cosmos pour la première, au sang ou au fil rouge du destin selon certaines traditions asiatiques pour la seconde5. •
Présentée à l’Institut Giacometti, cette exposition propose la rencontre inédite des œuvres de deux artistes majeurs de l’après-guerre. Alberto Giacometti (1901-1966) et Giorgio Morandi (1890-1964), bien que contemporains, ne se sont jamais croisés, cependant de nombreux traits essentiels les rapprochent. Cette exposition est la première occasion d’interroger ces proximités : leur pratique singulière de l’atelier, l’attachement à un environnement et des modèles familiers, et une recherche originale née de l’attention portée au réel.
Réunissant les collections de la Fondation Giacometti à des prêts du Museo Morandi à Bologne et de collections privées européennes, cette exposition propose une traversée de leurs carrières de 1913 à 1965 en trois chapitres : Le Familier, Paysages et portraits ; Les Années de recherche : formation du langage moderne ; et enfin, Les Années d’accomplissement.