La peinture d’histoire d’Ernest Pignon-Ernest et Barthélémy Toguo Exposer côte à côte Ernest Pignon-Ernest et Barthélémy Toguo à l’abbaye d’Auberive n’a rien d’une évidence. Le premier, né à Nice en 1942, fait partie du paysage artistique français et international depuis longtemps. Puissante et émouvante, son oeuvre ne cesse de placer l’être humain en son cœur. Sismographe des injustices, qu’il s’agisse de l’apartheid ou des sans domicile fixe, de la Commune de Paris ou de la guerre d’Algérie, l’artiste est de toutes les causes. Ses travaux les plus connus sont des sérigraphies qu’il placarde lui-même sur les murs, souvent à la limite de la légalité. Leur succès se vérifie par la rapidité avec laquelle ces images, décollées, disparaissent. Souvent, ce ne sont que des photographies qui gardent la trace de ces inscriptions éphémères. Barthélémy Toguo, né à Mbalmayo au Cameroun en 1967, bien qu’installé en France, reste profondément attaché à son pays. En 2013, il y crée une fondation, Bandjoun Station, pour « marier l’art classique africain et l’art contemporain mondial ». Si les images de Pignon-Ernest ressemblent à des coups de poing, alors celles de Toguo, qui représentent des personnages stylisés et presque transparents, relèvent de l’humanité et de la fragilité de ces êtres isolés. Pour autant, malgré la différence formelle entre ces deux créateurs, l’un et l’autre sont à leur façon des peintres d’histoire qui tiennent la chronique de leur temps et de ses désastres. Autrement dit, des images qui témoignent du réel. Itzhak Goldberg
Pignon-Ernest et Toguo, en leur temps
Peinture d'histoire et engagement social
Exposition — Ernest Pignon-Ernest et Barthélémy Toguo, Témoins d’humanité, jusqu’au 29 septembre, Abbaye d’Auberive ↗
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