Mais bon sang, c’est bien sûr ! Quand EDF prône les économies de l’énergie, la Fondation Groupe EDF, en toute logique, organise sous le titre choc « Demain est annulé », une manifestation qui prêche la sobriété. Conçue par un commissariat scientifique et artistique – une initiative rare et sans doute stimulante, – les trois organisateurs, Nathalie Bazoche, Dominique Bourg et Patrice Chazottes, proposent « d’explorer quelques-uns des chemins vers un monde durablement vivable ». Les travaux réunis ici – Installations, photographies, vidéos, peinture, musique –, accompagnées par de riches panneaux pédagogiques, sont réalisés par vingt-trois artistes, venant d’un peu de partout. Ces œuvres sont choisies non seulement selon des critères esthétiques mais également – surtout ? – pour attirer notre attention sur différents problèmes sociétaux : le réchauffement climatique, la pollution, la consommation effrénée, l’individualisme. Le tout est traité tantôt littéralement - Neil Beloufa, Big cars, 2019, met en scène un embouteillage monstrueux – tantôt métaphoriquement – Digitalis de Léa Collet (2023), est une science-fiction qui met en scène neuf élèves de collège qui cherchent à se métamorphoser en fleurs. Il faut croire que c’est le monde végétal, cet appel à préserver la nature, qui est la source d’inspiration principale pour les artistes. Ainsi, la vidéo poétique de Hicham Berrada, fait éclore un champ de pissenlits grâce à une lumière artificielle (Natural Process Activation 3 Bloom, 2024). Un beau rêve face à une réalité qui se dégrade ?

Itzhak Goldberg

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