Kandinsky au plat-pays Avouons-le d’emblée. Le rapprochement entre Kandinsky et les Pays-Bas n’a rien d’évident. Certes, l’artiste, accompagné de sa compagne Gabrielle Münter, y a fait un passage éclair en 1904. Mais, en réalité, la justification de l’exposition à Amsterdam est d’ordre géopolitique. En effet, le musée H’ART, anciennement appelé L’Hermitage, était lié à ce célèbre musée russe de Leningrad. Les événements récents ont provoqué la rupture de cette collaboration, incitant le musée hollandais à se tourner vers la National Gallery de Washington, la Tate Modern de Londres et le Centre Pompidou. Ce dernier, qui possède un très important ensemble d’œuvres de Kandinsky, a permis d’organiser une mini rétrospective de celui qui fait partie des pionniers de l’abstraction. Les commissaires, Angela Lampe, conservatrice au Centre Pompidou, et Birgit Boelens, conservatrice à H’ART, ont conçu un parcours chronologique où, grâce à une scénographie élégante, on suit l’évolution du peintre à partir de son installation à Munich en 1896. Les paysages néo-impressionnistes qu’il réalise perdent graduellement toute ressemblance avec la réalité et se transforment en compositions dynamiques de taches de couleur flottant sur la surface. Après quelques années passées en Russie, l’artiste rejoint le Bauhaus où son œuvre prend des accents géométriques, tendance qui caractérisera son style durant sa dernière période en France. Cerise sur le gâteau à Amsterdam : la reconstruction de l’imposant salon exécuté par Kandinsky et ses étudiants au Bauhaus (1922), en provenance du Centre Pompidou.

Itzhak Goldberg