Les mains animent les portraits et les autoportraits de Kokoschka et de Schiele. De fait, chez ces deux artistes expressionnistes, à l’origine d’un nouveau langage gestuel, corporel, les mains ont un rôle déroutant, parfois incompréhensible, trahissant souvent les désirs inavoués du corps. L’effet est d’autant plus saisissant que, dans le passé, les gestes des mains, parfaitement codifiés, participaient docilement au message que proposait le sujet représenté. Neutralisées dans des postures conventionnelles, les mains n’étaient qu’une simple extension du corps.
Avec Kokoschka et Schiele, les mains échappent au contrôle de leur “propriétaire” et deviennent le point focal de la toile. Ces accessoires du corps, les voici tous transformés en “actants” plastiques, éléments du même rang que le visage sur la scène de la peinture.