L’abstraction discrète de Brice Marden Né le 1er octobre 1938 à Bronxville, dans l’État de New York, Brice Marden est décédé le 21 août 2023 à l’âge de 85 ans. Marden a commencé son parcours artistique dès son plus jeune âge et a suivi les cours de Josef Albers lorsqu’il était étudiant. Sans aucun doute, l’importance de l’interférence des couleurs pour Albers, le maître de la série “Hommage au Carré”, a eu un impact sur l’œuvre de Marden. Celui-ci a débuté en peignant des monochromes. Ensuite, avec un mélange d’huile, de térébenthine et de cire, l’artiste réalise de larges aplats aux tonalités sourdes, souvent sur plusieurs panneaux rectangulaires juxtaposés. Ses modèles sont américains, mais ils prennent leurs distances avec l’expressionnisme abstrait qui domine à l’époque - Jasper Johns, Frank Stella ou encore Robert Rauschenberg, dont il fut l’assistant. Toutefois, il refuse le minimalisme, qu’il considère comme trop simpliste. Au fil du temps, son style se transforme en abstraction d’une fluidité organique. L’une des œuvres les plus connues de Marden est la série Cold Mountain (1991), inspirée de la poésie et de la calligraphie chinoise ancienne. Ces travaux se présentent comme des écritures secrètes, formées de lignes entrelacées et enchevêtrées qui recouvrent toute la surface. Si l’on peut évoquer les all over de Pollock, basés sur l’énergie et les éclaboussures, chez Marden, une délicatesse extrême et un sentiment de flottement prennent le dessus. Bien que Brice Marden reste relativement peu montré en France, dans son pays il est fait partie des pionniers de l’abstraction, comme en témoigne une rétrospective au MoMA en 2006.

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