La saison sera noire ou ne sera pas. Après la leçon des ténèbres de Boltanski au Centre Pompidou, les fulgurances de Hartung au Musée d’art moderne, les compositions parfaitement maîtrisées de Soulages trouvent le chemin du Louvre. Impeccablement accrochées, les vingt toiles forment un hommage au vénérable doyen de la peinture française dont la production picturale est considérée désormais classique. Indiscutablement splendides, ces œuvres ont également un pédigrée impressionnant ; outre Beaubourg, Rodez et Montpelier, le spectateur a droit au who’s who de l’univers muséal, au tour du monde qui va de Washington et son National Galery of Art à Guggenheim de New-York, de MOMA au Museum Folkwang à Essen. Selon Alfred Pacquement, commissaire de l’exposition, outre la qualité indiscutable de ces prêts, il s’agissait d’insister que celui que certains qualifient « peintre officiel français », est reconnu partout. Sans doute, mais on ne peut pas s’empêcher de sourire en écoutant cette réponse, au milieu du Salon Carré, ce saint des saints qui abritait jadis le Salon des Académies. On sourit encore en vue du très beau catalogue - tout noir, il va de soi - et dont l’introduction est écrite par Pierre Norra, ami de Soulages depuis toujours, mais aussi le père de l’expression consacrée Lieux de Mémoire. Bref, plus qu’une exposition, c’est une béatification. Entendons-nous bien, la peinture de Soulages est magnifique et les œuvres exceptionnelles exposées ici ont le mérite de rappeler brièvement les différentes phases et les différentes techniques qui ont marquées la très longue carrière de l’artiste. En quelque sorte un panorama ou un condensé de l’oeuvre. Ainsi, on a droit au brou de noix étalé au pinceau pour capter le geste

Ainsi, on a droit au brou de noix étalé au pinceau pour capter le geste C’est sans doute un hasard heureux que la toile Peinture, 14 mars 1960 s’est vendue le 27 novembre chez Tajan pour 9.6 mE. Elle appartenait à James Johnson Sweeney ancien conservateur de Moma puis directeur de Guggenheim à NY Une toile enduite d’un apprêt blanc, qui laisse apparaître la couche terre-de-Sienne sous les larges bandes de peinture noire. Les hautes fenêtres permettent à la lumière pénérer dans la salle qui se modifie selon l’heure du jour le dernier tableau date d’octobre Il a exposé à L’Ermitage de Saint Petersburg en 2001 dans la grande salle du palais impériale dite Nocolaevski. L’outrenoir commencé en 1979 la cote qui monte capteurs de lumière

Pacquement le commissaire de l’exposition de 2009 de Beaubourg Une cimaise fut ajoutée pour accrocher les grand polyptyques Calligraphie chinoise

Paris, 9 déc 2019 (AFP) - Le Centre Pompidou a accroché lundi 14 toiles de Pierre Soulages, dont certaines jamais montrées à Paris: le musée national d’art moderne honore un peintre dont il a toujours soutenu le talent au moment où le Louvre lui rend un éclatant hommage pour son centenaire.    Après une première oeuvre acquise par les collections nationales dès 1951 (avant que naisse le Centre Pompidou), le musée national lui avait consacré une première exposition personnelle en 1967.    S’en sont suivies trois monographies organisées par le Centre Pompidou: à Paris en 1979 et 2009, et à la Fondation Pierre Gianadda (Suisse) en 2018.    Cette nouvelle exposition s’ouvre mercredi, comme l’exposition du Louvre, et se clôturera comme elle, le 9 mars.    Au total, le musée d’art moderne dispose de vingt-cinq de ses oeuvres, réalisées dans les années entre 1948 et 2002: c’est la deuxième collection la plus importante après celle du musée de Rodez, sa ville natale.    Une partie des toiles accrochées dans cette exposition au Centre Pompidou provient d’un legs en 2018 que lui avait fait son amie Pierrette Bloch, décédée l’année précédente.    Un dessin de l’an 2000 de Pierrette Bloch est exposé avec un hommage de l’artiste à son ami, qui met en valeur son originalité dans le paysage contemporain: “Il n’y a chez lui aucun archaïsme, aucun folklore du temps. Capté par tout ce qui est, il est impatiemment attentif à ce qu’il va trouver, à ce qui va être. Le daté, la mode, le vieilli lui sont étrangers. L’aspect non précieux, non futile, délibérément non psychologique, non sentimental, non discourant de sa peinture l’éloigne de la génération avec laquelle il a été connu et le rapproche des préoccupations de nombreux jeunes peintres”.    Bernard Blistène, directeur du musée national d’art moderne, souligne que c’est “un artiste qui a été très régulièrement acheté (par le musée), même s’il lui a donné aussi des oeuvres”.    “On espère qu’il viendra ici (pour l’inauguration). Il est à Paris avec son épouse. Bien qu’il aille bien et qu’il travaille toujours, Pierre Soulages a des douleurs aux genoux liées probablement au fait qu’il a passé beaucoup du temps à quatre pattes à travailler sur ses tableaux”, a ajouté M. Blistène à l’AFP.    Le grand peintre de l’outrenoir fêtera ses cent ans le 24 décembre. Il y a trois ans que Soulages n’était pas monté à Paris. Il a accepté de sortir de sa villa de Sète qui domine la mer, où il continue à travailler, aux côtés de son épouse Colette âgée d’un an de moins qui veille du matin au soir sur lui avec la plus grande attention.    jlv/ial/nm Le Centre Pompidou, qui lui a consacré trois expositions, en 1967 (alors au Palais de Tokyo), 1979 et 2009.

Entendons-nous bien, la peinture de Soulages est magnifique et les œuvres exceptionnelles exposées ici ont le mérite de rappeler brièvement les différentes phases qui ont marquées la très longue carrière de l’artiste. En quelque sorte c’est un panorama ou plutôt une anthologie d’une vie artistique mise en scène dans un seul lieu somptueux. Qu’il s’agisse des changements stylistiques, des matériaux ou des outils employés par Soulage, tout y est.

 Une exposition à la Fondation Pierre Gianadda, à Martigny (Suisse), montre jusqu’au 13 janvier la collection de ses œuvres (une trentaine) que conserve le MNAM-Centre Pompidou, qui lui a consacré au moins trois rétrospectives, en 1967 (alors au Palais de Tokyo), 1979 et 2009. Cette dernière a accueilli plus de 500 000 visiteurs. Il est prévu de marquer son centième anniversaire par une exposition, en décembre 2019, au Musée du Louvre. Depuis Charles de Gaulle, il a connu personnellement pratiquement tous les présidents de la Ve République. Emmanuel Macron a tenu à lui rendre visite dans son atelier de Sète (Hérault). Un de ses tableaux, choisi par Georges Pompidou en 1962, est resté accroché dans le bureau des premiers ministres à l’hôtel Matignon, jusqu’à Lionel Jospin. Enfin, le 15 novembre 2018, à New York, une de ses œuvres a été vendue aux enchères pour près de 11 millions de dollars (9,6 millions d’euros). Pour la première fois, un peintre français vivant dépassait la barre symbolique des 10 millions de dollars : un Soulages vaut beaucoup d’argent.

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  2. Culture A presque 100 ans, Pierre Soulages en pleine lumière au Louvre • afp, • le 08/12/2019 à 07:55 • • ◦ COMMENTER

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Exposition Soulages au Musée du Louvre le 6 décembre 2019 / AFP C’est une exposition qui s’apprécie différemment selon la clarté du jour et la présence du soleil. Exploration de la lumière à travers une couleur, le noir, l’oeuvre de Pierre Soulages est célébrée à partir de mercredi au Louvre, à l’aube de ses 100 ans. Jusqu’ici, seuls Picasso et Chagall avaient eu ce privilège, pour leurs 90 ans. Si peu d’artistes ont eu les honneurs de l’institution de leur vivant, ils sont encore moins nombreux à avoir une carrière étalée sur huit décennies et une obsession déclinée à l’infini. Plutôt qu’une grande rétrospective rassemblant une centaine d’oeuvres comme au Centre Pompidou il y a dix ans, le Louvre s’est concentré sur une vingtaine de peintures du maître, considéré comme le plus grand artiste français vivant. i Pourquoi lire La Croix ?+ Un choix resserré pour cet hommage jusqu’au 9 mars 2020, avec des prêts du monde entier (Tate à Londres, Guggenheim à New York, musée Soulages à Rodez…), signe de sa reconnaissance de part et d’autre de l’Atlantique. L’idée est de voir comment l’oeuvre de ce peintre, très tôt attiré par le noir, «se développe et se transforme», souligne Alfred Pacquement, commissaire de l’exposition avec Pierre Encrevé, grand spécialiste du peintre décédé en début d’année.

  • Créateur de contraste - Du brou de noix de ses débuts dans les années 40 au goudron, matériau d’ordinaire peu prisé des artistes, à l’huile puis la peinture acrylique qu’il utilise exclusivement depuis 2004, les oeuvres sont présentées chronologiquement, comme pour mieux témoigner de l’évolution du peintre, porté vers plus de radicalité. Sans surprise, une grande part de l’exposition est consacrée à l’outrenoir, cet univers imaginé par Soulages en 1979 lorsqu’il a pris le virage du noir complet, misant sur le contraste, entre lisse et stries, mat et brillant et bien sûr, noir et lumière. «Ce sont des différences de textures, lisses, fibreuses, calmes, tendues ou agitées qui, captant ou refusant la lumière, font naître les noirs gris ou les noirs profonds. Le reflet est pris en compte et devient partie intégrante de l’oeuvre», explique Soulages dans une notice. Le visiteur est ainsi invité à graviter autour des oeuvres, pour en saisir les nuances, voir surgir des gris ou se fondre dans la matière. «Aujourd’hui est une journée très grise mais il y avait du soleil pendant les jours d’installation. On voyait les oeuvres très différemment et on les verra différemment», décrivait pendant la visite de presse M. Pacquement. A 99 ans, Soulages n’en a pas fini d’explorer ce territoire qu’il a créé. Pour preuve, ces deux tableaux verticaux de 3,90 mètres, réalisés cet automne, mettant en évidence son incroyable longévité.
  • laisser la place au ressenti -

Un visiteur devant une toile de Soulages au Musée du Louvre le 6 décembre 2019 / AFP S’il s’est beaucoup expliqué sur l’outrenoir, Soulages n’est pas homme à théoriser son oeuvre et se contente de nommer ses tableaux par leur dimension et leur date d’exécution (ex: peinture, 326x18cm, 14 mars 2009). Comme pour mieux laisser la place au ressenti. Le Louvre lui a offert un écrin, en l’occurrence, le Salon Carré, à quelques pas de «La Victoire de Samothrace» éclairée par une verrière qui fait entrer la lumière. «Le Salon Carré est un endroit où se trouve habituellement la peinture italienne d’avant la Renaissance et notamment +La Maestà+ de Cimabue, immense tableau dans tous les sens du terme. On décroche tout cela, ces tableaux les plus prestigieux» pour mettre les miens, s’émerveillait récemment Soulages dans une interview au Monde. Installé depuis des années à Sète, avec sa femme Colette, le peintre a fait le déplacement à Paris pour veiller à l’accrochage des oeuvres et va revenir pour l’inauguration. «Il le vit comme un moment important dans la diffusion de son oeuvre», confirme, ému, M. Pacquement qui le côtoie depuis de nombreuses années.

Un peintre français le plus côté au monde Strier avec de brosser soi lisser avec une lame

Maladresse si l’on pense au cosmos, à ce qui est l’unvers, on s’apercoit que la lumière est un accident La toile est d’abord entièrement recouverte d’un noir acrylique puis avec les lames les brosses il strie la sculpte le noir change de couleur du gris clair au très foncé Cette autre lumière qui vient de la toile elle même 104 vitraux de 1987 à 1994v musée Rodez 2014