Baselitz, Anselm Kiefer, Markus Lüpertz ou encore Jörg Immendorf sont des représentants d’une génération des artistes allemands née pendant et après la seconde guerre mondiale. Profondément marqués par un sentiment de culpabilité face à leur histoire, ces créateurs tentent de faire face à un passé qui reste insupportable et s’engagent dans un dialogue avec le passé récent de leur pays. En déclarent la fin des mensonges et des refoulements, ils revendiquent leur germanité et inscrivent leur production picturale dans une tradition expressionniste. Cependant, ils s’attaquent aux symboles glorieux de leur histoire, entachés pour toujours par la propagande nazie. On traitera les diverses stratégies que les peintres emploient afin de rendre évident l’élément critique de leur œuvre (l’ironie, le kitsch, la fausse nostalgie, le renversement du motif). On verra aussi, en les comparant à d’autres travaux qui se confrontent avec la mémoire (Jochen Gerz, Zoran Music…) l’ambiguïté presque inévitable d’un art qui a choisi la violence comme une réaction contre la violence.
L’impossible mémoire allemande d’après-guerre
mémoire allemande après-guerre dans l'art