La présentation d’une soixantaine d’œuvres données par des artistes occidentaux, essentiellement français, pour le futur Musée national d’Art Moderne et Contemporain de Palestine a eu lieu, en toute logique, à l’Institut du Monde Arabe. Le choix des travaux a été coordonné par Ernest Pignon Ernest dont on connaît l’engagement en faveur de ce peuple. Il n’est donc pas surprenant que parmi les créateurs - Gérard Fromanger, Hervé Télémaque, Vladimir Velicovic, Cueco ou Jan Voss – nombre d’entre eux fassent partie de la même génération, celle des années soixante. Qu’il s’agisse de la Figuration Narrative ou d’autres artistes de cette période, la politique, au sens large du terme, n’était jamais absente de la production plastique de ces artistes. On trouve toutefois également quelques artistes plus jeunes (relativement) comme Hervé Di Rosa ou Barthélémy Toguo. Selon Ernest-Pignon, la précipitation qui a entouré ce projet n’a permis de réunir que la première vague des œuvres promises, d’autres vont s’ajouter rapidement. Précisons que le musée en question – idéalement prévu à Jérusalem - est distinct du Musée de l’Histoire et de la Culture Palestinienne, qui vient d’ouvrir ses portes à Bir Zeit en Cisjordanie. On pourrait s’interroger d’ailleurs sur l’opportunité de se lancer simultanément dans deux projets qui risquent de se télescoper, étant donné surtout ? les moyens limités et les difficultés liées au contexte qui domine dans cette région. Quoi qu’il en soit, les œuvres exposées, sans être exceptionnelles, sont de bonne qualité et on a clairement l’impression que les artistes n’ont pas vidé leurs fonds de tiroirs. Curieusement, malgré la diversité inévitable des styles, le parcours est agréable et sans heurts. Inévitablement, il fallait un symbole qui relie l’esthétique au politique. Ainsi, à l’entrée de la manifestation, une œuvre aux couleurs de l’arc en ciel de Julio Le Parc s’intitule La longue marche du peuple palestinien. Une autre manière de reprendre le souhait d’Elias Sanbar, l’ambassadeur de la Palestine auprès de l’UNESCO, qui parle de défi pour la vie.