Et si, au lieu de faire passer le code de la route pour l’obtention du permis de conduire, les postiers devenaient des médiateurs culturels, spécialisés dans l’art contemporain ? Une idée incongrue ? Pas à Sérignan. En arrivant au bureau de poste, dont les heures d’ouverture n’ont pas été modifiées, le visiteur découvre que le premier étage est désormais occupé par le MRAC. Ayant obtenu un dépôt substantiel du Fonds national d’art contemporain, le musée, à l’étroit dans ses murs et dans l’impossibilité de construire une aile supplémentaire, a eu recours à cette solution originale. Le nouvel espace de 450 m 2, acquis par la Région auprès de la ville en 2013, pour la somme de 1.8 ME, permet de déployer les 167 œuvres - 64 artistes de 17 nations différentes - et entreprendre un programme ambitieux d’expositions temporaires. Pour l’inauguration récente, Bruno Peinado a transformé cette extension en un musée à ciel ouvert ; des panneaux, le plus souvent monochromes, sont accrochés aux murs. Produits, selon la notice, « avec les techniques et les matériaux de la signalétique (panneaux luminescents, caissons lumineux rétro-éclairés, panneaux trivision) », ils brouillent les frontières entre la publicité, les signes d’ordre fonctionnel et les composants esthétiques. Un jeu subtil, un dialogue entre les couleurs claires et contrastées, entre les différentes formes géométriques, entre le beau et l’utile, entre l’art et le réel, et qui passe ici comme une lettre à la poste.
L’art postal
extension du MRAC et art urbain
Exposition — MRAC extension, Sérignan