“Je déteste l’art dans la nature…nature est art” écrit, avec beaucoup de véhémence Herman de Vries. Visiblement, si ses travaux semblent parfois proches du Land Art, c’est, peut-on dire, malgré lui. De fait, n’ayant jamais coupé les ponts avec le terroir, le créateur hollandais ne nourrit aucune nostalgie romantique et n’est pas en quête d’un quelconque paradis perdu. Si son œuvre semble se couler dans la nature c’est qu’il ne ressent pas le besoin de chercher la réconciliation avec l’univers organique. Dans ce dialogue imaginaire, la confrontation tourne à la coopération, l’homme cède son rôle démiurgique pour devenir un “simple” co-auteur : l’univers organique devient à la fois matériau et support, l’artiste ne fait que l’exploiter sans pratiquement rien y ajouter ou enlever. Passionné de botanique, ayant travaillé pendant longtemps dans un laboratoire biologique, il cherche à s’adapter aux composants naturels et leur structure propre. Ainsi, il fabrique des palettes à partir de terres ou de cendres provenant de différentes régions. Ailleurs, ses “tableaux végétaux” sont simplement des plantes extraites de diverses faunes traversées et encadrés sans aucune modification artificielle. Parfois, cet alphabet particulier, formé à partir des fibres végétales entrelacées et enchevêtrées, inspire à Herman de Vries un graphisme particulier ou les lettres se transforment en signes tracés et noués.

Ailleurs encore, il construit des sanctuaires, lieux isolés qui permettent de suivre l’évolution de la végétation et ses métamorphoses. Parfois de taille monumentale, ces observatoires trahissent la distance qui sépare culturel et naturel, l’impossibilité de gommer le contraste entre ces deux modes d’existence éloignés.