Les fauves ne quittent plus Lodève. Dernier en liste, Van Dongen, leur représentant néerlandais, se manifeste avec quatre-vingt oeuvres, depuis ses premières années réalistes jusqu’au son séjour à Venise en 1921. Dessinateur satirique à ses débuts parisiens (1897), essentiellement pour des revues anarchistes (L’Assiette au beurre), l’artiste retourne progressivement à la peinture. Ainsi, à la veille de l’éclatante manifestation de la Cage au Fauves (à laquelle il participe avec deux tableaux) Van-Dongen a déjà produit une oeuvre de veine néo-impressionniste où des touches en animation rapide vibrent et s’exaltent. Suivront des toiles qui se distinguent par la stylisation des formes aux cernes appuyés, par le chromatisme aux tons intenses et stridents, plus expressif que descriptif. Mais, c’est avant tout à la figure humaine, essentiellement féminine, sensuelle et élégante qui assure son renommé. Après avoir fait scandale au Salon d’automne de 1913 avec un nu jugé indécent (Le Châle espagnol), Van Dongen devient l’un des portraitistes préférés de l’aristocratie et du monde du spectacle. Sa peinture s’éclaircit et évolue vers des aplats colorés et des figures hiératiques à deux dimensions, sorte de compromis entre le portrait et l’affiche. Si parfois il sait encore se montrer un impitoyable observateur (Anatole France), l’artiste a tendance de tomber dans la facilité où les effigies de femmes aux poses affectées, aux bijoux clinquants, sont exploitées systématiquement, au point de ne pas toujours éviter un certain maniérisme. Séduisante, l’oeuvre de Van Dongen, dans la période qu’il nomme “les années cocktail” perd de son intensité.

Van Dongen, du nord et du sud. Musée de Lodève, Square Georges Auric, 34700 Lodève, tel : 04 67 88 86 10, du 26 juin au 31 octobre.