Chez Max Neuman les toiles laissent à supposer des bribes de récits, des mini-fictions, des séquences interrompues. Dans cet univers aux accents surréalistes se trament des intrigues oniriques, des rencontres qui échappent à une réalité toujours à court d’imagination, des silhouettes croisent des objets suspendus dans le vide. Tronquées, fragmentées, déformées, ces visions obsessionnelles ne présentent que de faibles signes de ressemblance avec le genre humain. Les “montages anatomiques”, les êtres grotesques et absurdes du peintre ne sont que des fragments au milieu de fragments, exilés de leur propre corps, dans un équilibre précaire et momentané.
Max Neumann, Royan, Centre d’arts plastiques, 11 quai amiral Meyer, 05 46 39 20 52, 6 juillet-30 septembre.
Le trajet de Michel Potage est celui d’un vagabond qui s’est frotté à différentes peuplades (Tziganes, Aborigènes, Inuits…) et a tutoyé leurs cultures. Rien, toutefois, chez lui du primitivisme bon marché ou de l’exotisme de pacotille car, les véritables nomades dans son univers restent des formes sans attache qui voguent à travers l’espace pictural. Face au vertige des images, Potage cherche un lieu commun entre l’écriture et la peinture. Sans cesse, il “tisse” le visible et le dicible, il fait du texte non seulement un événement de sens mais aussi un événement sensible où sont mis en valeur le caractère plastique et la matérialité d’un tableau, la sonorité d’un vers. L’image prise au mot ? Sens, Palais épiscopal,