La matière se met à table Un vieux dicton allemand dit : si tous les arts devaient périr, la gastronomie survivrait. Rien d’étonnant ainsi que le thème du repas a toujours dominé le genre le plus populaire de la peinture : nature morte. Étalés sur la table, ces “huîtres, pulpes de citrons, verres épais contenant un vin sombre…coupes en métal bruni, trois grains de raisin” (Barthes) deviennent des signes de la réalité concrète des choses. Ce sont les natures mortes hollandaises qui proposent les effets de matière les plus saisissant. Effet paradoxal, car le comble d’illusion reste à tenir le spectateur à distance, à rappeler sans cesse qu’il ne s’agit que d’un reflet immatériel. Le virtuosité du peintre vise ainsi à effacer toutes les traces de la cuisine picturale qui est la base de ces restes de repas. L’art gourmand, Cologne, Wallraf-Richartz-Museum, tel : 0221 221 2372, jusqu’au 14 septembre.
Quand Picasso se met à table
nature morte
Exposition — L'art gourmand, Wallraf-Richartz-Museum Cologne
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