Cet été, Frantisek Kupka se refait une cure de santé en Suisse. De fait, l’impressionnante collection des oeuvres du peintre tchèque que possède le Centre Pompidou (une centaine des peintures, pastels, dessins et gravures) fera le voyage à Lausanne. Habitué aux déplacements, l’artiste, formé à Prague et à Vienne, s’installe définitivement à Paris en 1895 et travaille pour des journaux satiriques. Dès1900, toutefois, il développe un intérêt croissant pour les formes biologiques et s’inspire dans sa peinture des visions de la vie organique. Fasciné par les sources de la vie sur la terre, Kupka cherche à exprimer la même attirance envers les débuts mythiques de l’existence de l’humanité. Progressivement, les motifs figuratifs d’inspiration symboliste-l’homme debout qui tend vers l’au-delà, l’église gothique, la pluie, le clair de lune-se font rares. L’artiste abouti ainsi aux motifs complètement détachés de tout renvoi explicite à la nature, de toute référence à l’ordre pictural traditionnel. Cependant, la forme, même abstraite, garde pour Kupka un souvenir lointain de ses “origines”. Dans une quête à mi-chemin du visuel et du visionnaire, l’artiste associe le mouvement plastique à celui, cosmique, des astres autour du disque solaire Autour d’un point, 1925. Ailleurs, la série de Plans Verticaux qui évoque aussi les touches du piano qu’on trouve dans ses Nocturnes est une démonstration des rapports entre la peinture et la musique. L’oeuvre est typique de ce que Kupka, ce pionnier de l’abstraction tardivement reconnu, appelle une “réalité autre” et dont il définit l’aspect particulier : “dessiner ou peindre; sans reproduire les aspects de la nature…les ordonner en un ensemble, en un organisme logique et morphologiquement vivable”.
Kupka beaux arts
peinture abstraite
Exposition — Kupka, Fondation de l'Hermitage, 2 route de Signal, Lausanne, Suisse, +41 213 20 50 01, jusqu'à