A l’ère de la “polymatérialité”, des “techniques mixtes”, certains artistes restent désespérément traditionnels. Quelle idée, en effet, d’employer le bois, matière artisanale aux accents archaïques, pour en faire des sculptures ? C’est pourtant le choix de Mireille Fulplus. Dans son univers, cette substance organique et chaleureuse, parfois proche de son état brute, parfois dégrossie, “apprivoisée”, se métamorphose sans cesse tout en restant présente. Les lignes courbes et souples, les volumes qui abandonnent tout détail, ne racontent pas des histoires mais concrétisent des formes simples et étonnantes à la fois. Ainsi, une branche coupée en deux, creusée de l’intérieur et posée au ras du sol, devient une arabesque élégante. Ailleurs, un tronc d’arbre “écorché”, coupé en rondelles distribuées régulièrement par terre se transforme en un jeu de dames d’une taille démesurée. Ailleurs encore, des baguettes longues et fines, assemblées en faisceaux, forment une “architecture” transparente, mi-wigwam, mi-cathédrale, au milieu d’une forêt. Depuis peu, une nouvelle figure fait son apparition chez l’artiste. Entre une roue et un octogonal irrégulier, c’est une structure faite à partir des morceaux de bois épais, fixées à l’aide de chevilles. Fermés ou ouverts sur un de leurs côtés, débouts ou suspendus à une poutre qui traverse la pièce, ces “objets sculptés” évoquent des rouages inquiétants pour des machines inconnues et inutiles. Mais,éléments d’un mécano étrange ou jouets géants, les masses en équilibre précaire de Mireille Fulplus n’ont en réalité qu’une seule fonction, celle d’osciller entre une sensation de pesanteur et de légèreté. Sculpture traditionnelle ? Itzhak Goldberg
Itzhak Goldberg
sculpture en bois