Avec le Merzbau, l’Ursonate ou la Sonate primitive est certainement l’oeuvre la plus étrange crée par Schwitters. Cette poésie sonore ou ce poème phonétique, composé à partir des syllabes déformées, des sons, des onomatopées et des cris d’animaux est publié dans sa version intégrale en 1932, dans le n° 24 et dernier numéro de Merz, la revue fondée par Schwitters. Des soirées sont organisés et l’Ursonate, lue à voix haute où chantée par l’auteur, pendant près de trente cinq minutes, prend des allures d’une “performance”. “Avec quel élan irrésistible il chantait, il trillait, il murmurait, il grasseyait, il jubillait sa “Sonate présyllabique” jusqu’à tirer ses auditeurs de leur peau grise” écrit Arp. Cette oeuvre “verbi-voco-visuelle” (Marc Dachy) a eu le droit aux multiples interprétations. Mais suivons plutôt les indications fournies par Schwitters lui même : “vouloir expliquer en détails les variations et compositions et thèmes serait fastidieux à la longue et préjudiciable au plaisir de la lecture et de l’ecoute, et enfin, je ne suis pas le professeur”. Fümms bö wö tää zää Uu. Et c’est tout.