C’est fou c’est qu’il plaît, Nicolas de Staël. Le problème qu’il plaît pas toujours pour les bonnes raisons. Peut on parler de l’abstraction libre, comme on disait la figuration libre. Quel que soit le projet, celui-ci coexiste avec sa négation; avoir une véritable profondeur, une dimension suggérant un espace poétique à partir duquel le visiteur sera libre de se construire sa propre fiction C’est un paysage sans horizon dans les plus abstraites de ses dernières oeuvres subsiste toujours, comme un indispensable lien avec la vie la trace de son regard sur le monde. Plutôt que peindre les objets, Monet peint les conditions de leur perception. Entre le peintre et le motif il y a toujours l’expérience, toujours singulière, d’un regard. Il n’y a plus ni lointain ni premier plan. l’image se confond avec la surface picturale. dissoudre la figure dans la vision On assiste à une diminution de lumière, au point que ce sont les corps eux-mêmes qui respirent et qui ont bu leur ombre. j’ai appris à développer un réseau de phrases assez sensible pour capter les choses Il y a une chimie de pure sensibilité dans le regard d’un peintre comme Chardin. La crasse qui imprègne la peinture et qui n’accroche pas la lumière, le côté amolli et fondant des fraise ou duveteux des pêches, on sait que ceux-là vont mourir et c’est ce qui est beau. Ce moment où on découvre qu’on perd quelque chose, quelque chose de grâce. Une délicatesse dans le maniement de la figure humaine une certaine brutalité des fonds et de la touche associé ou adouci par la virtuosité du dessin Quant à la sculpture, elle ne dit que l’impossibilité de l’A à jouer avec la forme, le volume l’ombre et la lumière la tension et la souplesse Dans le ciel tout est en suspens. Sur la terre tout se précipite. Différence qui contient tout le mystère. Là, tout se soutient. ici tout tombe. Sur le globe, la chute. Hors du globe l’équilibre. Un souffle d’air marin, une odeur de jardin ou de rivière, voeilà ce qu’ils capturent : des impressions presque imperceptibles et néanmoins tenaces. Ils ont l’élégance de suggérer sans nommer, d’indiquer sans décrire. L’indication poétique du titre. Des bandes souples et tendues, devant la chorégraphie de ces lettres nouées, décision absolue d’une vulnérabilité choisie, m’exposant à recevoir tout de l’autre, imprévisiblement et donc passivement. Il est impossible de décider s’il y a ou non représentation, abstraction, figure, lettre codée, lettre sans code, voire esquisse d’un nouvel alphabet, sans alpha ni oméga, et qui se cherche, sans support, tout en produisant, comme les cordelettes quipus, son propre support, son propre sujet. Elle ne s’appelle pas de tel ou tel nom, elle appelle un nom Merlo : le tableau fait voir le mouvement par sa discordance interne” Le peintre (et la peinture) depuis toujours, est l’objet d’un chantage à l’identité. La couleur est saturée jusqu’à un degré de violence qu’il blesse l’oeil Il a disposé autour de ce rouge des nuances d’ocre la transformation de la forme jusqu’à ce que puissent y paraître d’autre formes…un suaire, une montagne. peinture poétique cette fois, elle se prête aux hypothèses, aux questions, à la rêverie. surprendre une image l’arrangement de quelques objets, Que ce soit à propos, le processus opère l’un des seuls ou le seul injecter une dose enivrante des couleurs Ainsi armé il parcourt le monde contemporain et celui des souvenirs rapportant de ses circuits des oeuvres qui suffiraient, à elles seules, à condamner ce lieu commun absurde qui veut que la peinture soit à l’agonie. démantibule et réarticule les éléments jusqu’à trouver le dispositif le plus efficace, celui où la surprise et l’évidence s’allient, celui qui piège le regard. d’étranges hybridations mi-abstraites, mi-paysagères, où l’entente des tons et la texture de la matière importent plus que l’image. une attitude qui ne s’interdit rien, zigzague dans l’histoire, la géométrie est sans cesse bousculée par la violence du geste les différents motifs qui dialoguent entre eux toute émotion est provoquée par un sens : aucun signe ne saurait constituer son propre sens ; l’indifférence repond à l’insignifiance des signes s’efforçant de se signifier eux-mêmes. schnaider p454 Une pensée qui forme des formes qui pensent. Godard Le fond devient un espace dans lequel les formes et le regard circulent. Les couleurs, au lieu de demeurer captives des lignes, se mettent à flotter légèrement. Elles pourraient s’enfuir. Les lignes pourraient céder. Ainsi pratiquée, la peinture est un exercice d’alerte permanente. Il assimile cubisme et futurisme ; angles, brisures, chromatisme étouffé,. Rien d’exceptionnel dans tout ça, le cubisme étant alors l’esthétique de référence. il est difficile de faire abstraction de la présence humaine, telle elle est omniprésente. L’oeuvre est le lieu d’ou la banalité est exclue Le même n’arrive jamais que différent (série) Si la distinction abstraction figuration n’est qu’une commodité de langage, la formule n’en a pas moins une pertinence historique, signalant une rupture avec les héritages et les académismes. Il n’existe plus de ligne de démarcation entre la nature de l’oeuvre résulte de la tension entre, d’une part, l’aléa et le chaos apparent, d’autre part, un sens du contrôle systématique et de l’ordre. ces formes s’agrègent tantôt en architecture mécanique, tantôt en figures allusives la fallacieuse opposition de l’abstrait et du figuratif la géométrie gouverne le tableau disparition des repères figuratifs vers un équilibre d’obliques et de rectangles. Selon qu’il occupe une position plus ou moins centrale, la composition paraît statique ou flottante. Selon les rapport chromatiques, l’oeil croît observer une avancée ou un recul, une perspective de fuite ou l’illusion d’une saillie. empirisme optique. Non pas pour épuiser le spectre chromatique ou systématiquement associer les complémentaires mais pour atteindre à l’équilibre chromatique qui satisfait la perception. le paradis de l’oeil. Bioulés Dagen des tableaux dans lesquels des lignes découpent des surfaces-bandes, rectangles, ovales. Chacune est occupée par une couleur, posée tantôt de façon uniforme et légère, tantôt avec plus d’épaisseur et des touches visibles. La construction est rigueur parfaite. Elle est tempérée par les frémissements des touches, quand elles s’inscrivent dans une matière picturale dense, par quelques coulures et par la sensualité du chromatisme. trouver et accorder des rouges des ocres impeccablement. il se risque jusqu’au chaque dessin est déterminé par une structure géométrique forte. Une tension s’établit entre cette grille et les objets qui s’y trouvent pris. les fenêtres, les portes, les meubles, les façades l’horizon divisent la toeile en carrés, triangles et demi-cercles. La rigidité de la construction a ses exigences, la description du visible les siennes. L’oeuvre naît de cette contradiction, ce qui fait songer à Hélion des. Schématisations, allusions, ellipses, stylisations, ; autant de conséquences de cette tension, autant de façons d’inscrire des signes du réel sur la surface quadrillée. Il serait plus facile de renoncer, de sacrifier la géométrie au naturalisme-ou l’inverse-afin de rétablir l’ordre dans la peinture. B refuse obstinément ces solutions. Il sait à quoi son refus l’engage : à des tentatives sans fin, au durcissement du dessin, à des découpages si nets qu’ils en deviennent violents, à la saturation des tons, à des batailles de plans colorés, à des oeuvres aigres qui offusquent le bon goût, déconcertent et gênent. A de bons tableaux, autrement dit. Des broussailles de lignes, des nuées d’éclaboussures, une figure s’extirpe-pas vraiment une figure ; plutôt des éléments qui, rapprochés par l’oeil sont de nature à indiquer quelle figure pourrait apparaître, figure humaine le plus souvent il aligne les touches comme des coups de burin, taillant dans la couleur des blocs séparés et pesants. poussières des points divisionnistes, touches étirées et ondulées, aplats. Contaminé, silence de neige couleur sans couleur de la transparence (marin) mais justement le regard peut il traverser. le blanc qui est le fond du tableau. blanc nocturne les jeux d’opacification surface diaphane le support est annihilé, dénié, parcque assumé vidé diverses modalité d’opacité et de transparence viennent troubler rompre ou interrompre les blancs de la représentation. transparence par un équilibre pondéré d’expression et de discrétion, un passage de blanc, une lumière translucide qui perce, la couleur s’installe dans l’espace pour diffuser la lumière, irisée, respirant sous un voeile tremblant. L’architecture austère qui encadre ces vibrations de clarté distante et intérieure, avec rigueur mais sans raideur, Mais les raisons ont changé. Elles sont, pour l’essentiel, historiques et esthétiques. L’abstraction se contemple, s’inspecte, se répète. Parfois, elle s’autopsie. Les entrecroisements de couleur font valoir une certaine retenue. La peinture ne renvoie plus qu’à la peinture Il développe une peinture abstraite aux structures simplifiées et géométriques, qui connaîtra un grand succès après guerre paysages réalisés au moyen de tampons épais et de masses de couleur, mise en relations réciproques par des variations calibrées et des discordances des tons. A partir de 1952 se manifeste une convergence avec le réel en dehors de toute opposition volontaire entre abstraction et figuration. Des paysages sur le motifs des footballeurs du Parc des Princes peinture libre lumineuse qui se développe dans le midi Associé au débat de l’époque Stael charge peu à peu sa palette diversifie le jeu des éclats et des contraste, noue et écartèle les tensions du centre au quatre angles de la toeile. Ni allusion au réel ni paysagisme abstrait l’équilibre de découpes irrégulières, savoureux dans la pâte ordonnant avec ampleur l’étalement des masses. Harmonies sourdes et chaudes, terre gris et noir que troue souvent une lueur témoignent de l’admiration qu’il porte à Braque.