Existe-t-il une iconographie après Panofsky ? De fait, la notoriété d“‘inventeur” de la méthode qui étudie la production artistique essentiellement à travers divers motifs qui la parcourent, projette une ombre géante sur d’autres chercheurs qui suivent la même orientation. C’est pour cette raison que Jan Bialostocki (1921-1988), l’historien d’art polonais qui fut aussi le conservateur du musée de Varsovie, reste peu connu en France. Pourtant, son oeuvre, tout en reconnaissant ses “dettes”, introduit de nouvelles notions, la plus importante étant celle du “thème-cadre”. S’inspirant du terme d’archétype, employé par Jung, l’historien suppose l’existence d’images symboliques, communes à l’ensemble de l’humanité, fruit de l’inconscient collectif, qui, toutefois se transforment en fonction de nouveaux effets picturaux. Le projet est ambitieux car, Bialostocki, à l’aide de ce concept, se propose d’examiner des sujets aussi différents que l’iconographie de Rembrandt ou la période critique de la fin de XVIIIème et du début du XIXème siècle. Élargissant ainsi l’étendue temporelle de la recherche panofskienne, il tente de montrer que le romantisme “recycle” certains thèmes classiques comme le martyre ou le rapport entre l’homme et la nature. Selon lui, les représentations allégoriques, empruntées au répertoire mythologique et religieux, se métamorphosent en visions profanes et profondément subjectives. L’auteur, qui s’attarde parfois trop longuement sur la “fortune critique” de l’enquête qu’il mène, offre néanmoins une meilleure compréhension des problèmes qui restent au coeur de toute réflexion esthétique. Jan Bialostocki, Style et Iconographie, éd. Gérard Monfort, 242 fr.
Jan Bialostocki : une iconographie après Panofsky
iconographie et histoire de l'art