Le peintre espagnol se prenait trop au sérieux pour laisser uniquement aux autres le soin de le caricaturer. On le sait, son physique particulier et marquant, sa renommée auprès du grand public, en font très tôt la cible idéale des railleries qui visent l’art moderne. Capable de garder une distance ironique et critique vis-à-vis de lui -même, Picasso n’hésite pas à faire usage de la dérision dans ses croquis. C’est ainsi que le singe, depuis longtemps la figure emblématique du peintre, devient parfois son alter ego. Dès 1903, ce dernier, deux pinceaux plantés derrière la tête comme des cornes, adresse, tel un mauvais génie, une grimace au spectateur. (Autoportrait en singe) La signature singulière, “Picasso par lui-même”, ne laisse aucun doute quant à l’identité du personnage. Une cinquantaine d’années plus tard, on retrouve la même bête, chauve et vieillie, armée d’une palette et d’un pinceau, assise à une distance respectable d’un jeune modèle. (Dans l’Atelier, 1954) Les temps ont changé.
AP en singe
Imitation et singe dans l'art