Montrer l’ensemble de l’abstraction dans l’après Seconde Guerre mondiale, telle est la visée des 80 toiles qu’expose le Musée de Bilbao. La tache n’est pas facile, car non seulement il s’agit de donner un aperçu de l’œuvre de pas moins de soixante artistes, mais encore faut-il éviter que la désormais mythique Ecole de New-York ne projette pas une ombre géante  sur la non-figuration européenne. Le résultat est convaincant, car on constate que quand l’abstraction américaine impressionne par sa démarche radicale et sa monumentalité, sa puissance du geste ou l’étendue des champs de couleurs, les créateurs en Europe font état d’une inventivité extraordinaire dans leur rapport au support (Fontana, Burri) ou dans les matériaux qu’ils emploient (Dubuffet, Tapies). Sans être novatrice, cette vision plus équilibrée garde toute son utilité.