Préparée par Cécile Debray et Françoise Lucbert, la reconstitution des trois expositions de la Section d’or (150 oeuvres et nombreux documents d’époque) est une mise au point remarquable d’un mouvement clé du modernisme, pourtant peu familier aux non-spécialistes. Inspirée par le légendaire Nombre d’or, un principe de composition qui remonte à l’antiquité et qui tente de structurer l’oeuvre d’art selon des proportions géométriques immuables, la Section d’or est le nom d’un groupe d’artistes et théoriciens qui se réunissent autour des frères Duchamp à Puteaux dès1910. En1912, avec d’autres peintres rattachés également au cubisme, (Gleizes, Metzinger, Léger, Delaunay…) ils organisent le Salon de la Section d’or, proposant une vision d’ensemble de ce mouvement. Toutefois, l’éclectisme de la sélection où l’on trouve, pêle-mêle, les débuts de l’abstraction, les sources de Dada ou les “retour à l’ordre”, inspire à Apollinaire une expression imagée, peut-être mitigée : “Cubisme écartelé”. Malgré le coup d’éclat de l’exposition inaugurale, son importance pâlit rapidement face à la renommée écrasante de deux “pères fondateurs” du cubisme, Braque et Picasso, qui restent à l’écart des Salons. En 1920, une seconde tentative à la galerie La Boétie montre pourtant les diverses ramifications de la Section d’or. Les artistes russes, Gontcharova, Larionov ou Archipenko adhérent à l’association et lui confère un caractère cosmopolite. Toutefois, la troisième et dernière exposition, déjà une reconstitution très partielle de la première, (1925) passe relativement inaperçue, malgré, cette fois-ci, la présence de Braque et Picasso. Cubisme trop écartelé ?
a toutefois peu en commun avec celui, idéal de beauté ou objet érotique, qui dévoile ses proportions parfaites et laisse apparaître la virtuosité de son créateur. s’intéresse davantage à la, au corps qui perd son enveloppe et se transforme en fragments.