On ne regarde pas les toiles de Mondrian comme n’importe quelle autre peinture. Plus que toute autre forme de non-figuration, celle de Mondrian reste encore difficile à saisir, pour ne pas dire incomprise. Mais, sévères, monotones ces oeuvres ? Pas plus que les préludes de Bach et leur sonorité envoûtante. Chez l’un comme chez l’autre, l’organisation rigoureuse, les articulations précises qui caractérisent l’œuvre n’empêchent en rien une richesse étonnante. Si ces tableaux ne cessent de nous intriguer, de nous déranger, c’est précisément parce qu’ils ne se proposent plus de décrire la réalité. De même que la musique ne raconte rien mais nous captive par un agencement étudié des sons, ce que l’on voit chez l’artiste hollandais n’est plus une représentation mais une composition, un ensemble de rapports qui varient à l’infini. Tel un échafaudage, cette peinture dénude ses composants, des lignes droites et des aplats de couleur primaires (rouge, jaune, bleu) ordonnés comme une construction à la fois très économe et très élaborée. Ces murs de couleurs, ces lignes noires forment une barrière sur laquelle s’arrête le regard. On tentera de comprendre la vision que propose Mondrian, ses rapports avec la typographie, le design, l’architecture bref avec tout l’environnement que va inventer la modernité.
Mondrian pour Cahors
Abstraction géométrique et composition
Exposition — Mondrian, Cahors