La chevelure abondante qui tisse un lien inséparable entre les deux femmes donne aussi toute la mesure de la transformation inévitable de cet « ornement » féminin avec l’âge. « Les cheveux bruns, écho des chairs mates et corrompues, se mêlent subtilement à la toison rousse de la mère. Au final, Klimt nous dit que le seul vrai sens de l’Histoire est là, dans une vanité programmée. La femme a été fatale au temps passé, mais, aussi bien, le temps qui passe est fatal à la femme ». (Thomas Schlesser). Vanité des vanités : tout est vanité.

La partie supérieure du corps de la jeune femme

Jeune mère de beauté resplendissante, une madone à l’enfant dans une version laïque. Vue de face, son corps semble bidimensionnel ; surface ou interface entre l’enfance et l’âge avancé, un état de grâce fragile qui ne dure qu’un instant. Sur le plan plastique, cette stylisation à l’extrême des corps montre clairement la volonté de Klimt de réduire l’aspect imitatif de son art et de faire de la figure humaine un composant décoratif de l’œuvre, au même titre qu’un élément symbolique de cette allégorie.

La zone dorée et grise au niveau des jambes

Mini paysage traité d’un all-over floral, puzzle de tesselles irrégulières et scintillantes, rideau de pluie ou « brouillard d’étoiles » (Franz Smola). Fasciné par l’art byzantin, Klimt reprend ici les principes de la mosaïque. Utilisant les techniques des arts appliqués et un choix de matériaux précieux (or, argent), l’artiste dépasse l’opposition traditionnelle entre sujet et décor, englobant le tout dans une manière unifiée et aboutie.