Une rencontre étonnante : Liverpool, la ville industrielle par excellence expose l’artiste qui incarne le raffinement extrême - Klimt. L’homme est associé au mot magique qui se met sur le devant de la scène artistique viennois Sécession (1897), un groupe de jeunes artistes qu’il dirige pour “faire triompher l’art moderne”. La modernité toutefois qui ne s’arrête pas à la peinture. A la suite d’un séjour à Ravenne, Klimt, fasciné par l’art byzantin, reprend les principes de la mosaïque pendant sa “période dorée” (entre 1907 et 1910). Utilisant les techniques des arts appliqués et un choix de matériaux précieux (or, argent), se servant des lignes et des couleurs pures sans modelé ni valeur, l’artiste dépasse l’opposition traditionnelle entre sujet et décor, englobant le tout dans une manière unifiée et aboutie. C’est grâce à lui qui va naître l’intérêt pour les arts appliqués à la vie quotidienne, la volonté d’ouvrir le champ de la peinture de chevalet, de transgresser la frontière entre l’ornementation et les arts réputés “majeurs”.
L’œuvre de Klimt aura un impact déterminant sur l’ensemble des artistes viennois au début du siècle (Schiele, Kokoschka..) par son “cocktail stylistique” : une base décorative au symbolisme souvent littéraire pimentée d’un ingrédient expressive. Deux forces antagonistes entrent en jeu, d’une part, la volonté de parvenir à la création d’une surface purement ornementale ; d’autre part, obtenir une intensité émotionnelle. Bref, expressionnisme sophistiqué.
Gustav Klimt - Painting, Design & Modern Life in Vienna 1900, Tate Liverpool, Albert Dock, Liverpool, L3 4BB Tel : 0151 702 7400, jusqu’au 31 août,