La couleur considérée comme une donnée purement perceptuelle d’une expérience immédiate mais aussi comme résultat des spéculation d’ordre conceptuel » La personnalité de Klein, totalement engagé dans son œuvre, organisant l’événement, et dosant le scandale, jouant de la provocation comme de la séduction, « malevitch a peint une nature morte d’après l’un de mes tableaux monochromes » focaliser l’attention sur les purs phénomènes optiques. Sain Yves L’affaire est attendue. Avec Duchamp, Klein accède au panthéon de l’art français. On pourrait avoir le vertige. Canonisé, Klein devient le produit par excellence de l’art français. Il est, en effet, le premier artiste français, Duchamp inclus, qui a le droit à une seconde exposition dans ce temple de la modernité qui est Beaubourg. Plus visuel que son illustre ancêtre, plus branché, plus fun, dira on ajourd’hui. Considérant que la démarche conceptuelle chez l’artiste contrôle étroitement le résultat visuel, l’auteur démontre que ces écrits, précédant et accompagnant les oeuvres, ont une importance capitale dans leur formation. Cependant, on pourrait craindre que le statut désormais canonique de Duchamp au sein de l’art de XXe siècle, inspire une certaine attitude fétichiste, une tendance à la surinterprétation de ces “reliques”. Parfois, on ne prête qu’aux riches…Il faut avoir une lecture critique de Klein, de séparer les vision des idées. Visionnaire et visuel. Notoriété : ” fait d’être connu d’une manière certaine et générale, ” On retrouve cette définition de la notoriété à l’intérieur de l’histoire de l’art : la notoriété y est toujours déclinée sur un mode passif et statique. Elle est considérée un état de fait ; elle a l’aspect accompli d’une situation aboutie. On la décrit rarement comme un processus (“se faire connaître” ou “créer sa notoriété”) ; la notoriété ne serait pas ce pour quoi il faut employer une certaine stratégie mais un aboutissement naturel, un couronnement, presque un état de grâce qui résulte uniquement de la production de l’artiste. L’impression se dégage ainsi que l’histoire de l’art conçoit la notoriété d’un artiste comme une simple excroissance de la qualité esthétique de ses œuvres, qualités dont elle seule définit les critères “objectifs”. Il est clair que personne ne croit à cette définition extrêmement naïve. Cependant l’Histoire de l’art reconnaît très rarement que la place qu’elle accorde aux artistes ne se constitue pas uniquement à partir de critères esthétiques et que les artistes eux-mêmes mettent en œuvre des activités étrangères à leurs activités purement esthétiques afin de constituer leur notoriété.

En effet, il est clair que Klein, comme Warhol est peut-être l’un des premiers artistes à lier intimement, voire à confondre, le travail artistique et la conquête de la notoriété. Tout se passe comme si entre l’artiste et ses célébrités s’établissait un système de vases communicants. En d’autres termes, Warhol intercepte, parasite la notoriété de ses modèles. Excessive, choquante, cette attitude a le mérite de rappeler un phénomène souvent occulté. Warhol prend le contre-pied d’une conception qui a longtemps régné parmi les artistes et les historiens de l’art, celle de considérer les stratégies de la notoriété à peu près comme une maladie honteuse.