L’iconographie est abondante (600 images), le texte respire l’intelligence, que demander de plus ? Le projet est de parler de l’art contemporain en évitant la classification par mouvement ou par technique. L’ouvrage est construit à la manière d’une poupée russe ; partant de trois notions générales (vision, sujet, espace), chaque chapitre propose des planches d’images évoquant des concepts pointus et souvent imprévisibles (le pliage, le défilé, l’ermite, la ronde, le tourisme). Les commentaires rapides, parfois un peu elliptiques, sont comme des hors-d’œuvre avant le véritable repas intellectuel proposé par les amples articles qui suivent chaque partie du livre. Le tout se termine par un vaste lexique des termes essentiels pour comprendre la production plastique de notre siècle et des biographies d’artistes. Le plaisir qui accompagne cette lecture est inspiré par la curiosité et par l’ouverture d’esprit de son auteur ; la carte du monde artistique à la Borges qu’il propose a le formidable mérite d’être sans frontières. Si la visée que cet atlas soit « à l’usage de tous » reste un peu utopique, on admet volontiers que « investir l’art contemporain, c’est en connaître les courants et les lignes qui le fondent mais aussi prendre la mesure des chemins de traverse qui le sillonnent ».

Atlas de l’art contemporain à l’usage de tous, Denis Gielen, préface de Laurent Busine, Musée des arts contemporains au Grand-Hornu, 406 p,