Fruit d’une belle collaboration entre l’historien de l’art et l’artiste, le livre de Pierre Wat rassemble une analyse de la production plastique de Claude Viallat, un entretien avec le peintre et de nombreux textes de ce dernier. Exercice à quatre mains qui, sans négliger l’histoire, cherche surtout à comprendre une démarche esthétique qui résiste par sa simplicité apparente à une description. Ce n’est pas un hasard que d’emblée l’auteur emploie une belle métaphore pour l’œuvre de Viallat- « impasse fructueuse ». Ce quasi-oxymore convient parfaitement à un travail artistique dont la force réside dans l’obstination avec laquelle le peintre répète (?) à l’infini une marque colorée, devenue sa signature. Forme inventée, qui ne relève que du domaine visuel car, tout en étant immédiatement reconnaissable, elle reste impossible à nommer. De telle sorte, Viallat, qui expérimente un geste pictural fondamental et archaïque, dénué de toute virtuosité ostentatoire mais qui n’exclut pas la jubilation que procurent les éclats chromatiques, se donne comme but de retrouver les “origines de la peinture”. Ou encore, pour citer l’artiste « je n’apprends pas la peinture, c’est elle qui m’apprend ce qu’elle est ». La qualité exceptionnelle des reproductions permet également au lecteur de partager cette leçon.

Pierre Wat, Claude Viallat, œuvres, écrits, entretiens, éd Hazan, 160 p, 35 E